Pet Memory : une belle idée
Google fait activement la promotion des maisons intelligentes, et il semble que le tour soit venu de nos amis à quatre pattes. La nouvelle fonctionnalité Pet Memory, intégrée à Gemini for Home, devait apprendre aux caméras à reconnaître chaque animal de la maison par son nom. L'idée ouvrait une multitude de possibilités : du réglage automatique de l'éclairage ou de la température en fonction de l'animal, à la gamelle intelligente qui ne se tromperait jamais de portion.
Les journalistes de The Verge, dont la chroniqueuse principale pour la maison intelligente Jennifer Pattison Tuohy, ont accueilli cette idée avec beaucoup d'enthousiasme. Chez elle, vivent trois chats — Smoky, Boon et Osa —, un chien nommé Gus et des poules en liberté. Vous en conviendrez, avec une telle ménagerie, la fonction de distinction des animaux devient bien plus qu'un gadget amusant : un véritable outil de travail.
L'autrice de l'article prévoyait d'utiliser Pet Memory pour résoudre des tâches bien concrètes : par exemple, que la caméra indique quel chat demande à sortir, qu'elle ignore le chat du voisin ou la poule égarée dans la cour, et qu'en fin de journée elle aide à vérifier que tous les animaux sont bien rentrés. Sans oublier l'alimentation personnalisée — pour que Boon ne mange pas le petit-déjeuner de Smoky.

Deux semaines de test : des chats tous identiques
Comme c'est souvent le cas avec les fonctionnalités d'IA prometteuses, la réalité s'est avérée bien plus prosaïque. Après deux semaines de tests intensifs, Google Home n'a pas réussi à distinguer les chats entre eux. Le système n'a mémorisé que le chat Smoky — et ses connaissances se sont arrêtées là.
Chaque chat qui entrait dans le champ de vision de la caméra Nest recevait automatiquement le nom de Smoky. Naturellement, le chat Boon n'était pas du tout d'accord, mais même son apparence remarquable n'a pas aidé l'algorithme. Les trois sont devenus un seul chat « moyen ». Et ce, alors que les animaux ont pourtant des apparences clairement différentes !
Au lieu d'un assistant utile, la fonction est devenue une source de notifications comiques. Au lieu d'annoncer « Boon à la porte », la caméra envoyait une alerte « Smoky est encore dans la cuisine ». L'autrice ironise : parmi tous les animaux, le système a choisi le seul chat et voyait en lui l'univers entier. D'ailleurs, le chaton Osa semble être resté totalement invisible pour l'IA — il a probablement été, lui aussi, assimilé à Smoky.
Pourquoi l'IA confond-elle les chats ?
On pourrait penser qu'il s'agit d'un simple défaut, mais en réalité, la tâche de reconnaissance d'animaux spécifiques est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Les caméras savent distinguer un humain d'un animal depuis 2017 — c'est à cette époque qu'est sortie la Nest Cam IQ. Mais différencier plusieurs chats de la même race entre eux, c'est un tout autre niveau.
L'humain s'appuie sur une multitude de micro-indices : la forme des oreilles, le motif des taches, la démarche, la posture. Les chats, eux, se ressemblent souvent beaucoup, surtout s'ils sont de la même couleur. La caméra ne voit qu'un nombre limité d'angles : tantôt la queue, tantôt le flanc, tantôt une tête vue sous un angle inhabituel. Pour l'apprentissage automatique, il faut des milliers d'exemples de chaque chat dans différentes poses et lumières, et dans la vie réelle, ils ne sont pas toujours dans le cadre.
Les caméras modernes dotées d'IA générative et d'apprentissage automatique savent déjà fournir des descriptions détaillées des événements — par exemple, « une personne en veste bleue est entrée sur le perron ». Mais une chose est de reconnaître une classe d'objet, une autre est d'identifier une personnalité précise. Face aux « visages » félins, le système reste encore dépassé.
Comment cela va-t-il se terminer ?
Honnêtement, rien de catastrophique. Ce genre d'histoires fait partie de l'évolution normale des appareils intelligents. De nombreuses fonctionnalités fonctionnent médiocrement à leur lancement, puis deviennent progressivement utiles grâce à la collecte continue de données et aux mises à jour des algorithmes. Peut-être que dans quelques mois, Google Home saura vraiment distinguer les chats, et en attendant, les propriétaires doivent composer avec des bugs amusants.
La principale conclusion du test de The Verge : il ne faut pas attendre de magie de Pet Memory dès les premiers jours. Si vous voulez automatiser l'alimentation de trois chats, il faudra probablement attendre les mises à jour. En revanche, vous aurez une excellente occasion de vous divertir : les notifications « Smoky sur le rebord de la fenêtre » arriveront à chaque fois qu'un chat passera devant la caméra, même celui du voisin.
Les innovations dans le domaine de la maison intelligente restent donc encore un peu vertes. Mais ce sont précisément ces « imperfections » qui montrent que la fonctionnalité est encore en développement, et que les premiers utilisateurs en deviennent en réalité les testeurs. Et si vous voulez que les caméras distinguent votre chat de celui des voisins — peut-être suffit-il simplement de mettre un collier coloré à votre animal, en attendant que les réseaux de neurones se débrouillent tout seuls.



